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La collection « Les Musiciens et la Grande Guerre »

Les 10 volumes de la collection les Musiciens de la Grande Guerre des éditions Hortus.
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La collection Les Musiciens et la Grande Guerre des Editions Hortus, constituée de 33 albums parus entre 2014 et 2018, met en évidence l'intensité de la création musicale pendant la Première Guerre mondiale, avec l'enregistrement d'oeuvres écrites par plus 120 compositeurs de 12 nationalités différentes.

La création musicale révèle toujours la société et l’époque qui l’ont vue naître. Que savons-nous réellement de la création entre 1914 et 1918 ? Que connaissons-nous des œuvres écrites par les compositeurs mobilisés, et parfois victimes du conflit, comme de celles écrites au même moment à l'Arrière ? Quelle a été l'emprise de la Guerre sur leur inspiration ? Publiée par les Éditions Hortus, la collection Les Musiciens et la Grande Guerre tente d’apporter des réponses à ces questions en une trentaine de disques à paraître d’ici à 2019. Labellisée par la Mission du Centenaire en 2014, les 33 volumes déjà édités constituent un corpus patrimonial, diversifié et cohérent de plus de 200 œuvres dont près de 40 inédites. D’une qualité musicale et émotionnelle rares, elles ont été écrites par plus 120 compositeurs de 12 nationalités différentes. Elles mettent en évidence l’intensité de la création pendant cette période, son importance dans notre histoire culturelle et musicale, la métamorphose de tout un monde en train de s’éteindre en un nouveau qui se dévoile. Ce panorama représentatif de la création musicale des nations impliquées dans le conflit fait cohabiter des œuvres de compositeurs connus, qui pour des raisons d’âge ou de santé sont demeurés à l’arrière, avec celles, inédites pour beaucoup, de compositeurs aujourd’hui oubliés, mobilisés et malheureusement parfois blessés ou tués. Toutes méritent une écoute attentive, non seulement pour leur qualité musicale, mais aussi pour leur valeur émotionnelle incomparable.

Présentation des volumes

Volume 1, Albéric Magnard : Une Mort mythique, Alain Meunier et Philippe Guillhon Herbert, violoncelle et piano. D’une grande intensité, la sonate pour violoncelle et piano, ultime oeuvre de musique de chambre de Magnard (1910) et sa musique pour piano solo, poétique et subtile, datant de sa jeunesse, nous font regretter le geste à la fois héroïque et fou d’un compositeur tué en Défendant son manoir contre les uhlans le 3 septembre 14, à Baron (Oise).

Volume 2, 1913 Au carrefour de la modernité, Jean Sébastien Dureau et Vincent Planès, Double piano Pleyel. Dès 1913, comme durant la guerre, 3 compositeurs empruntent des voies radicalement différentes : rupture ouverte et brutale dans le cas de Stravinsky, échappée toute en finesse par l’imagination (mais non moins scandaleuse) pour Debussy (En Blanc et Noir), et fusion des langages du passé dans un idiome nouveau pour Busoni.

Volume 3, Hommage à Maurice Maréchal, Alain Meunier et Anne Le Bozec, violoncelle & piano. Un hommage rendu par Alain Meunier à son maître le grand violoncelliste Maurice Maréchal,  ombattant aux côtés de Caplet et de Durosoir (sonates de Brahms, Debussy et Honegger).

Volume 4, La Naissance d’un nouveau monde, Thomas Duran et Nicolas Mallarte, violoncelle et piano. Des oeuvres non seulement de tous les horizons géographiques de cette Europe qui s’entretue mais également d’esthétiques fort diverses. Une belle découverte la sonate de Joseph Boulnois, mort en 1918. Tout le frémissement musical de l’après-guerre est annoncé avec hauteur de vue, passion et émotion.

Volume 5, Mélodies, Prescience – Conscience, Marc Mauillon, baryton et Anne Le Bozec, piano. La Grande Guerre fauchera de nombreux talents à l’aube de leur carrière. Dans leurs mélodies écrites à la veille du conflit transparaît la prescience que ces compositeurs avaient souvent du drame à venir mais aussi, celui-ci survenu, leur volonté d’y échapper ou simplement de le commenter.

Volume 6, Métamorphose, Thomas Monnet, orgue de Dudelange (Luxembourg). Les tensions de la Grande Guerre fertilisent les esprits créateurs. Le XIXe siècle disparaît loin derrière l’horizon laissant l’incertitude s’installer. À l’orgue, c’est tout un monde musical en pleine métamorphose : un élégant choral de Joseph Boulnois, une étonnante transcription du Tombeau de Couperin, croisent Trauerode de Reger, une ode funèbre dédiée « à ceux qui sont tombés ».

Volume 7, Les Altistes combattants, Vincent Roth & Sébastien Beck, alto & piano. Le chant lyrique de l’alto proposé par quatre personnalités musicales très différentes (Hindemith, Vaughan Williams ainsi que Schmitt et Koechlin, dont la Sonate est le véritable joyau du CD) : Un témoignage éclairant des recherches musicales menées en cette période terrible.

Volume 8, Vêpres, Vincent Genvrin à l’orgue de la collégiale St Pierre de Douai. Les Quinze versets pour les vêpres du commun des fêtes de la Sainte-Vierge ou Fifteen Pieces (1919) de Marcel Dupré : un document de première importance concernant l’art de l’improvisation au lendemain de la Grande Guerre, qui voit la modernité de cette riche époque musicale s’inscrire dans une tradition séculaire, sur l’orgue Mutin Cavaillé-Coll, financé par les dommages de guerre.

Volume 9, Célébrations à l’orgue des Invalides par Philippe Brandeis et les Cuivres de la Garde Républicaine. Sur l’orgue de la cathédrale aux Armées sont  honorés non seulement les musiciens morts au combat, mais également ceux qui combattirent et survécurent ou qui soutinrent l’effort de guerre à l’Arrière. Célébrations également, cette fois accompagnées des cuivres, de ceux qui après la Guerre ont écrit en mémoire des victimes, avec une splendide version du Poème héroïque de Dupré.

Volume 10, Deux Concertos pour la Main Gauche, Orchestre national de Lille, Nicolas Stavy, piano. Dir. Paul Polivnick. Deux chefs d’oeuvre du XXe siècle rarement enregistrés, commandés par le célèbre pianiste Paul Wittgenstein qui perdit son bras droit au front : un concerto surprenant (et explosif !) de Korngold (1923), et Diversions de Britten (1940), une pièce pleine de vie et de lyrisme.

Volume 11, Chant de GuerreEnsemble Double Expression Emmanuel Pélaprat harmonium et Dir. Art. Dans une surprenante variété d’expression, à l’aide un harmonium soliste ou chambriste : Schmitt revisite le chant patriotique, Kunc et Jongen la musique sacrée et les hymnes aux morts ; Karg-Elert explore des univers volontairement fort éloignés du conflit ; Casella propose ses impressions de guerre.

Volume 12, Pensées intimes, Guillaume Sutre & Steven Vanhauwaert, violon & piano. Comme par miracle, le chant intime du violon exprime avec retenue et dignité (l’Australien Kelly) les sentiments ressentis au retour d’une campagne militaire effroyable ou la nostalgie des origines (le Belge Antoine). L’Allemand
Pfizner rend hommage au passé musical de son pays, alors que retentit encore le tendre Nocturnede la jeune Lili Boulanger que la maladie va bientôt emporter.

Volume 13, Clairières dans le Ciel, Duo Contraste, Cyrille Dubois & Tristan Raës, ténor & piano. Sont ici réunis des inédits (Migot, de la Presle) comme des oeuvres fort rares (Vellones) ainsi que les cycles complets des Odelettes (Ropartz) et des Clairières dans le Ciel (Lili Boulanger). La diversité et la profondeur de sentiments des compositeurs combattants ou restés à l’Arrière.

Volume 14, Sérénades, Quatuor Calidore. C’est à un jeune compositeur, encore peu expérimenté, Jacques de la Presle, qu’il reviendra, alors replié dans un tunnel sous les bombardements, de manifester que la musique est plus forte que la mort ambiante, l’ennui et le désespoir. Du côté des forces de la Triplice, l’autrichien Ernst Toch, se réfugie lui aussi dans la musique pour marquer sa volonté de survivre.

Volume 15, A nos morts ignorés, Marc Mauillon, baryton, Anne Le Bozec, piano. Quelle diversité d’expression – littéraire et musicale – dans ces mélodies de la Grande Guerre : elles sont parfois détachées de toute actualité (Stephan, Halphen, Roussel) ; ou elles évoquent les événements tragiques, implicitement (Lili Boulanger) ou avec des tonalités diverses : nostalgique (Gurney, Antoine), mélancolique (Debussy), pathétique et révoltée même chez Caplet tandis que Reynaldo Hahn recherche l’apaisement.

Volume 16, Verdun, feuillet de guerre, Françoise Masset & Anne Le Bozec, soprano & piano. Douze mélodies inédites par des compositeurs engagés dans la bataille de Verdun (5 Chansons de la Woëvre, Lettre de chez nous, la Petite bague des tranchées…). Elles expriment la nostalgie, le sentiment religieux et témoignent de l’engagement des femmes dans la Guerre (Les Tourneuses d’obus) ou des ardeurs d’une France forte et confiante (Le Tambour).

Volume 17, Vers la vie nouvelle, Anne de Fornel, piano Pleyel 1892. « Dans l’atmosphère lourde – se sont infiltrés le doute, le découragement. Mais des sons lointains, clairs, purs s’élèvent, et vers l’espoir d’une vie meilleure, l’homme marche, confiant, tendre et grave ». Nadia Boulanger, Vers la vie nouvelle.

Volume 18, Ombres et Lumières, Ensemble Calliopée. Trois destins en noir et blanc. L’ombre de la mort s‘est abattue trop tôt sur le génie naissant de Rudi Stephan, laissant derrière lui des oeuvres d’une rare maturité, ou encore sur le fils de Louis Vierne à qui son père dédiera un quintette à la fois tendre et tragique. Lucien Durosoir, quant à lui, revint de la guerre avec la force créatrice d’écrire un Poème étonnamment lumineux.

Volume 19, Dispersion, Steven Vanhauwaert, piano. Une mosaïque qui parle d’une manière dispersée de l’homme face au conflit. Le tchèque Schulhoff et l’italien Casella, aux idéaux opposés, explorent, tout comme l’allemand Hindemith, de nouvelles voies loin du romantisme, et chacun avec sa propre personnalité. Cependant, une sonate inédite du Belge Moulaert ignore l’agitation du conflit tandis que Vierne nous plonge au plus profond d’un drame humain où la guerre se confond avec la douleur personnelle.

Volume 20, Violon Bidon ! Claude Ribouillault et sa bande, avec instruments des tranchées Instruments de musique détournant casques et bidons pour en faire des violons, des mandolines… Cahiers de chansons, petits tirages imprimés, canards de soldats… Ces objets et sources jusqu’ici négligés nous restituent, sur des airs anciens ou à la mode, parfois avec humour, le quotidien, le hasard meurtrier, l’éloignement, la crasse et les doutes des soldats de la Grande Guerre. Quatre « décors » servent de cadre aux créations chansonnières et musicales des soldats : la mobilisation, la formation en garnison, les débuts du conflit ; la première et la seconde ligne, les permissions ; les camps de prisonniers ; le Front d’Orient.

Volume 21, Louis Vierne Seul… Frédérique Troivaux, piano. Exilé en Suisse pendant la guerre, Vierne connaît l’âpreté de l’épreuve : aggravation de ses problèmes oculaires, deuils de son fils, de son frère, de plusieurs élèves musiciens, tous morts au front. Le piano est alors propice à la confession, à l’introspection : il y livre ses états d’âme, ses brûlures intérieures, ses rêves ou ses espérances (Préludes). Il invite à la contemplation (Nocturnes) ou se rapproche du monde de l’enfance, au travers de miniatures raffinées (Silhouettes d’enfants). Louis Vierne, compositeur de l’arrière, surmonte le désespoir et transcende par son art la nuit tragique dans laquelle les années de Guerre l’ont plongé.

Volume 22, Maudite guerre. Fionnuala McCarthy, soprano Klaus Häger, baryton Karola Theill, piano. Un florilège dans une atmosphère de concert. L’expression par la mélodie de la diversité des émotions : de l’enthousiasme du combat au désarroi provoqué par la mort, de l’évocation de la brutalité guerrière à la désillusion du soldat, de la déploration à l’aspiration à la paix.

Volume 23, Dans les Services de Santé, le piano mobilisé, Amaury Breyne, piano Steinway D 1906. Deux attitudes ou réactions des compositeurs mobilisés dans les Services de santé : là où certains, comme Jacques Ibert ou Jean Huré, vont au piano exorciser les horreurs de la guerre, de manière illustrative et noire, d’autres, comme Déodat de Séverac, tentent une échappée imaginaire, emmenant leurs auditeurs loin du front vers des paysages beaucoup plus cléments, qu’ils soient imaginaires ou nostalgiques.

Volume 24, Commémoration fraternelle Choeur d’hommes de Moscou « Kastalsky », dir. A. Roudnevsky, Figuralchor de Cologne, dir. R. Mailänder, Choeur de la Cathédrale de Graz, dir. J. M. Doeller, Ekaterina Yassinskaia, soprano, Lioubov Chichkhanova, orgue de la Philharmonie de Moscou, Dir. Vladimir  Degtiarev, Sylvain Heili, orgue de la collégiale St-Pierre de Douai. La Grande Guerre a été traversée d’un réel sentiment religieux dans tous les pays belligérants. « Commémoration fraternelle », grand oratorio d’Alexandre Kastalsky (1856-1926) écrit en mémoire des soldats russes et de leurs alliés tombés au champ de bataille, en est une illustration emblématique. En écho, trois pièces pour orgue écrites par des compositeurs, appartenant à des nations opposées, renforcent l’appel ardent lancé par Kastalsky. 

Volume 25, Sacrifice The Flowers of War, Dir. Chris Latham. La Bataille de la Somme (1916) avec un million de victimes compte parmi les événements les plus meurtriers de l’histoire. Nombre de musiciens périrent, principalement Britanniques. Leurs noms méritent de rester dans nos coeurs. C’est à ce devoir de mémoire que s’attachent avec passion et émotion le violoniste australien Chris Latham et ses musiciens, The Flowers of War.

Volume 26, Romance de guerre Ambroise Aubrun, violon Steven Vanhauwaert, piano. Au fil des longs mois de la Grande Guerre, la société continue de s’accrocher aux codes anciens, aux habitudes d’avant-guerre. Beaucoup de compositeurs, éloignés du Conflit comme Elgar ou plongés dans la boue des tranchées comme Philippe Gaubert, pensent que la sonate qui faisait vibrer les salons depuis plus d’un siècle n’est pas près de mourir. Si la sonate d’Elgar est bien connue, les oeuvres de Philippe Gaubert et surtout de Blair Fairchild, injustement oubliées, méritent de revivre. 

Volume 27, Catharsis,  Yasmine Hammani, violon, Pierre Pouillaude, flûte Amaury Breyne, piano Steinway D 1906. Déodat de Séverac, Philippe Gaubert et Jacques Ibert ont été mobilisés dans les Services de Santé de l’armée française. Au-delà de leurs particularités de langage, de leurs origines sociales et géographiques différentes, ils nous donnent à entendre une musique encore marquée par l’influence de Fauré, faite à la fois de gravité et de retenue (Ibert) comme de joie et d’insouciance (Gaubert, Séverac). Comme d’autres, tous trois ressentaient ainsi l’urgente nécessité qu’il y avait à panser les plaies, à retrouver une vitalité viscérale, à préparer l’avenir.

Volume 28, L’Homme qui titubait dans la guerre, Albena Dimitrova soprano, Yann Tousssaint baryton, Récitant : Thierry Gaches. Choeur Capriccio, Dir. Marie-France Messager, L’Orchestrede la Musique de la Police Nationale, Dir. Jérôme Hilaire. Amaury Breyne, piano Steinway D 1906. Françoise Masset, soprano. Anne Le Bozec, piano Erard (1877). Commande de l’État et créé en 1998 à l’Historial de la Grande Guerre à Péronne, c’est un oratorio profane, à la fois chatoyant et émouvant pour soli, récitant, choeur et orchestre. Le livret est conçu par Arielle Augry, d’après des écrits d’Ernst Jünger, Cendrars, Apollinaire, Barbusse, Rolland… Isabelle Aboulker (1938) est la petite-fille du compositeur Henry Février qui écrivit plusieurs mélodies à Verdun pendant le conflit (volumes 4,16 et 29 de la collection Les Musiciens et la Grande Guerre).

Volume 29, Pour en finir avec la guerre Françoise Masset, soprano, Anne Le Bozec, piano Erard (1877). L’angoisse de familles ou la douleur des femmes endeuillées s’expriment par la voix des poètes et des compositeurs ici réunis. Ce florilège de mélodies, inédites souvent, parfois poignantes et toujours émouvantes se comprend comme une forme de bilan ou une rétrospective des années de conflit, Pour en finir avec la guerre. Un hommage chargé de tendresse et de respect rendu par les deux artistes aux disparus de la Grande Guerre.

Volume 31, La Harpe consolatrice, Kyunghee Kim-Sutre, harpe. Pendant la Grande Guerre, la harpe par sa sonorité douce, légère et à connotation féminine est associée dans l’imaginaire aux infirmières tentant de calmer les souffrances des victimes. Les jeunes compositeurs mobilisés vont nous offrir dans leurs oeuvres une vision intimiste, délicate mais souvent aussi profonde et émouvante. La grande harpiste Henriette Renié représente toutes ces femmes qui traversèrent discrètement la guerre dans la souf­france et les difficultés tout en défendant l’art à l’égal des hommes.

Volume 32, Ode à la France, Chœur Fiat Cantus, dir. Thomas Tacquet Piano Pleyel 1892. La musique pour chœur exprime le plus souvent les sentiments d’une foule unie. Cette expression collective prend une connotation religieuse dans des oeuvres permettant d’espérer le retour à la paix (A Prayer). Elle dépasse aussi le sentiment religieux pour s’inscrire dans l’histoire et l’unité nationale comme dans L’Ode à la France de Debussy ou Les Cathédrales de Pierné, une fois exprimé un véhément Cri de Guerre. 

Volume 33, N’Oubliez jamais ! Sylvain Heili orgue Roethinger 1914 d’Erstein (Alsace). Toronto – 1916. Un jeune compositeur d’origine britannique, récemment émigré, Healey Willan défit sur son propre terrain l’allemand Max Reger. Et son ambitieuse Introduction, Passacaille et fugue en mi bémol mineur se révèle rapidement un chef d’oeuvre. Dans le camp opposé, d’autres compositeurs célèbrent l’engagement patriotique tandis que du côté français, J. Ibert, C. Quef, René Vierne, bien que mobilisés, tentent d’échapper à l’ambiance morbide environnante.

La Grande Guerre en Marseillaises, Jean-Philippe Lafont, baryton Cyrille Lehn, piano. Depuis plus de 200 ans, la « Marseillaise » accompagne l’histoire de notre pays, dans les épreuves qu’il traverse comme dans les célébrations. Au cours des deux Guerres mondiales, au fil des événements, notre hymne national a aussi fait l’objet de toutes sortes d’adaptations, de détournements et de réappropriations : « l’air connu » pour écrire des chansons, alors très répandu, offrant le double avantage de se mémoriser et de se diffuser facilement. Qu’elles émanent des poilus du front ou de l’arrière, ces compositions ont le grand mérite d’avoir été écrites « à chaud » et de témoigner en temps réel de l’évolution des mentalités. L’interprétation de ces partitions offre au public, aux professeurs, aux chercheurs, une matière sonore totalement inédite et passionnante.

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Cette collection est proposée libre de droit aux institutions publiques nationales et internationales intéressées par cette commémoration.