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Vins et alcools pendant la Première Guerre mondiale (1914-1919)

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Paru aux éditions Féret sous la direction de Hubert Bonin,  "Vins et alcools pendant la Première Guerre mondiale" est un ouvrage collectif issu du colloque organisé sur ce thème à Bordeaux en 2017.

Plusieurs chapitres de ce livre collectif, fruit d’un colloque organisé à Bordeaux en novembre 2017, insistent sur le degré d’ouverture du commerce des vins et alcools, aussi bien avant, qu’après la guerre. Le livre s’intéresse plus encore aux usages sociaux des vins et alcools. Il s’agit là d’un chantier immense, qu’il convient sans cesse de contextualiser par rapport à nos propres pratiques de recherche au sein des sciences humaines et sociales et des propres représentations des chercheurs.

Deux pans majeurs sont ici explorés, celui de la "valorisation patriotique" de l’alcool, de l’utilisation par l’armée de "l’arme alcoolique", mais également celui des usages et regards sociaux que les sociétés de l’époque jettent sur la consommation de boissons plus ou moins alcoolisées. Dans le premier registre, le livre permet de faire progresser la connaissance historique sur bien des points. Le conflit lui-même, s’il est marqué par des ruptures de circuits commerciaux anciens, l’est aussi par des réorientations et réorganisations de marchés.

Le livre a ainsi le mérite de positionner l’étude de rythmes productifs des alcools, dans des moments de la guerre marqués par des pénuries de main-d’œuvre, des interventions de l’État (réquisitions), qui n’empêchent pas tout à fait la mise en œuvre de stratégies familiales ou régionales dans le registre commercial. Il est aussi intéressant de suivre, car c’est une thématique peu souvent abordée bien qu’essentielle, les utilisations industrielles des alcools comme ces alcools rectifiés destinés à produire de l’éther ou des poudres et explosifs.

Est-ce pour autant la guerre qui fait boire ? L’ouvrage a le grand mérite de développer une autre thématique importante, celle des liens entre les consommations du temps de guerre et celles du monde civil du temps de paix, car c’est bien l’ensemble des regards sociaux de l’époque de la Grande Guerre qui est ici questionné. Les ambiguïtés de regards sur l’alcool ne sont pas le propre de la seule société militaire, qui, rappelons-le, est composée de bien davantage de soldats-citoyens que de militaires de carrière.