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La Meuse dans la Grande Guerre : Verdun, Les Eparges

Monument du Point X des Éparges
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Du 4 au 10 novembre 2018, le Président de la République  Emmanuel Macron effectue une itinérance mémorielle à travers plusieurs départements affectés, il y a 100 ans, par les combats de la Première Guerre mondiale. Mardi 6 novembre, il fait étape aux Eparges et à Verdun, dans la Meuse.

Le département de la Meuse se trouve au coeur des événements militaires de la Grande Guerre.

- Fin 1914, le département est coupé en deux à la suite de l’invasion et de la bataille de la Marne, le nord est occupé et sert de base arrière à l’armée allemande. Les combats se poursuivent à l’heure de la guerre de position à l’est et à l’ouest de Verdun et sur le saillant de Saint-Mihiel. Le secteur des Éparges et celui de Vauquois, où se déroule la guerre des mines, témoignent des impasses meurtrières de l’année 1915.

- La bataille de Verdun (février-décembre 1916) résume la Grande Guerre et ses impasses stratégiques. Si les Allemands échouent, la saignée est énorme (300 000 morts dont plus de 162 000 français).

- Le département est finalement libéré à partir de l’été 1918 avec l’aide des unités américaines. 70 % des communes meusiennes sont sinistrées au sortir de la guerre.

Le parc mémoriel devant Verdun

Le parc mémoriel devant Verdun se développe sur plusieurs hectares aujourd’hui et regroupe dans un cadre paysager forestier préservé de nombreux sites et monuments liés à la bataille de 1916 :

• La nécropole nationale de Fleury-devant-Douaumont : elle regroupe les dépouilles de soldats « morts pour la France » lors des combats qui se déroulèrent dans la région de Verdun de 1914 à 1918, et principalement ceux de la bataille de Verdun. Créé en 1923, le cimetière est aménagé jusqu’en 1936. Il rassemble plus de 16 000 corps en tombes individuelles et un carré musulman comprenant 592 tombes. Il existe également un carré spécial de soldats inconnus dont les corps ont été relevés récemment.

À proximité de la nécropole se dressent deux autres monuments confessionnaux. L’un, érigé en 1938, est dédié à la mémoire des soldats juifs. L’autre, situé sur la commune de Douaumont et inauguré en 2006, honore le souvenir des soldats musulmans.

• L’ossuaire de Douaumont : l’envergure du monument de l’ossuaire de Douaumont, qui mesure 137 mètres de long, symbolise le rempart formé par tous les combattants français. Au milieu s’élève la tour des Morts, haute de 46 mètres, au sommet de laquelle se trouvent le phare et une cloche de bronze de
deux tonnes. Au sous-sol, des fosses ont reçu des ossements anonymes, visibles à travers des lucarnes ; des sarcophages de granit rouge surmontent ces sépultures, correspondant aux 46 secteurs du champ de bataille de Verdun. Sur les voûtes, les familles ont fait graver les noms de leurs disparus et les associations de combattants une dédicace de reconnaissance. L’étendue de la nécropole nationale, face au monumental ossuaire de Douaumont, donne à ce lieu de mémoire une forte dimension solennelle.

• Le mémorial franco-allemand de Verdun : situé sur l’emplacement de l’ancienne gare de Fleury, le mémorial est inauguré le 17 septembre 1967. Il a été modernisé et agrandi après quarante ans d’existence, tout en gardant l’esprit de l’oeuvre de Maurice Genevoix : il a rouvert le 21 février 2016 et a été inauguré officiellement par le Président de la République François Hollande et la Chancelière Angela Merkel le 29 mai 2016. La scénographie du mémorial, entièrement repensée, développe sur trois niveaux un parcours de découverte à travers les yeux d’un soldat, des premières lignes à l’arrière du front, grâce à de nombreux outils multimédias mis à la disposition du visiteur.

D’autres sites et monuments ponctuent cet espace mémoriel. Les forts conservés, les villages détruits et les monuments commémoratifs s’égrènent au fil d’un chemin de mémoire balisé. 

Le champ de bataille de Verdun, en tant que lieu de mémoire partagée, a été placé à plusieurs reprises au coeur du processus de réconciliation franco-allemande (1984-2016). De nombreux chefs d’État et de gouvernement se sont rendus à Douaumont pour rendre hommage aux morts de Verdun : le général de
Gaulle en 1966 ; François Mitterrand et Helmut Kohl en 1984, dont la poignée de main est entrée dans l’Histoire (une plaque, placée devant l’ossuaire de Douaumont, en rappelle le souvenir) ; Nicolas Sarkozy, le 11 novembre 2008 ; enfin François Hollande et Angela Merkel, le 29 mai 2016.

La crête des Éparges

Située au sud-est de Verdun, dominant la plaine de la Woëvre, elle est l’objet de violents combats au printemps 1915, relatés dans l’oeuvre de Maurice Genevoix. Ce site mémoriel remarquable, hérissé d’entonnoirs de mines préservés, comporte de nombreux monuments dont :

• au pied de la crête, le cimetière du Trottoir qui contient 2 108 tombes et un ossuaire de 852 corps ;
• le monument du point X. OEuvre du sculpteur Fischer, il est dédié « à ceux qui n’ont pas de tombe ».

Carte publiée dans l'Atlas de la Grande Guerre, le 14e hors-série de la revue 14-18 le Magazine de la Grande Guerre