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Les actions pédagogiques du Centenaire à Avesnes-sur-Helpe

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Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Avesnes-sur-Helpe a vécu la Grande Guerre à l’heure allemande, en territoire occupé. À l’arrière, mais à la charnière du front, sa sous-préfecture a abrité une commandanture dès les premiers mois du conflit, et c’est dans ses murs que le Kaiser Guillaume II a célébré son jubilé, en juin 1918. Dès le lancement de l’appel à projets en 2012 par la Mission du Centenaire, les enseignants du lycée d’Avesnes, du collège et de l’école primaire d’Avesnelles ont manifesté leur souhait de travailler ensemble, en profitant notamment des particularités de leurs filières d’enseignement, c’est-à-dire la présence de sections artistiques en théâtre et musique. Pour la dernière année du Centenaire, un grand spectacle commémoratif est en préparation.

Un projet fédérateur

Les projets ont été portés par des équipes soudées et encouragés par les chefs d’établissement : au collège et au lycée, des collègues de toutes les disciplines se sont impliqués : histoire, sciences et mathématiques, lettres, langues, sections artistiques. L’école primaire (CM2) a travaillé sur les enfants dans la guerre.

Les équipes pédagogiques ont bénéficié des contacts avec la société locale d’Histoire et d’Archéologie : un article rédigé par un ancien collègue, sur les élèves du Lycée Jesse de Forest disparus sur les différents champs de bataille a servi de fil rouge aux premiers travaux ; sa découverte au musée d’Amsterdam, il y a quelques années, d’une archive rare, un petit film sur le Kaiser venu à Avesnes célébrer son jubilé, a également enrichi le projet.

Le projet a également été soutenu par les municipalités, en termes de communication et du soutien matériel.

Des réalisations ambitieuses

Les cinq années qui se sont écoulées depuis l’appel à projets ont été ponctuées par diverses actions et manifestations, des plus classiques, aux plus ambitieuses :

- Un « spectacle complet » inter degré, labellisé, a été présenté aux élèves et à la population locale en novembre 2014 : « Si les murs pouvaient parler ». Alternant des saynètes écrites et jouées par les élèves de la section théâtre du lycée, des moments musicaux (chants interprétés par la CHAM - classe à horaires aménagés musique, et des lycéens), un ciné-concert créé par l’orchestre du lycée, des montages vidéo, des projections d’images d’archives.

- L’édition en 2017 d’un recueil de textes d’élèves sur leur vision du conflit et des commémorations. Réalisé par des élèves de 1ère littéraire, ce travail a obtenu le 1er prix académique de la citoyenneté.

- Chaque année, une sortie sur des lieux de mémoire : Chemin des Dames, Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette et Anneau de la Mémoire, Historial de Péronne...

- Des travaux de recherche dans les archives départementales, et sur le site « Mémoire des hommes », etc.

- La participation des élèves aux commémorations du 11 novembre, expositions des travaux d'élèves, etc.

Sortir de la Grande Guerre

La clôture des commémorations, pour 2018-2019 verra, comme au moment de la commémoration de l’entrée en guerre, la réalisation d’un second spectacle complet, à nouveau inter-degré, « La guerre est finie, et alors ? ».

Réfléchi depuis plusieurs mois par les enseignants, le travail de préparation occupera l’année scolaire 2018-2019. Ce projet suivra la thématique du bilan et des mémoires du conflit. Un second collège, s’y est associé.

Il s’agira à partir des enseignements dans les différentes disciplines, de l’étude de textes (pièces de théâtre écrites après la guerre, romans, essais) et d’archives locales (départementales, registres d’Etat civil, journaux, photos, archives cinématographiques), de créations artistiques pour sensibiliser aux élèves « le poids de la guerre » et les difficultés de reconstruire dans des sociétés européennes meurtries par quatre années de conflit

Alors que la Grande Guerre devait être la « Der des ders », très vite on assiste au retour des égoïsmes nationaux et de la méfiance réciproque. Il s’agira ainsi de montrer les difficultés de construire une paix durable. La place des femmes dans et après le conflit sera aussi mise en valeur. Leur contribution à la guerre a pris des formes multiples. C’est le début d’une redéfinition des rôles et la figure de la « garçonne » illustre la revendication d’une plus grande liberté, même si le retour à la paix les laissera en France dans un rôle de « citoyenne mineure ».

Pour conclure, au-delà des commémorations, ce projet doit permettre une meilleure connaissance et compréhension de cette période terrible de l’Histoire européenne et mondiale. Il doit favoriser la réflexion sur la violence et les valeurs de l’Humanisme. C’est aussi une réflexion sur la mémoire et sur sa construction, au travers des commémorations, des productions artistiques, et du travail des historiens. 

> En images, les différents projets pédagogiques depuis le début du Centenaire à Avesnnes-sur-Helpe