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1918-2018 : mémoires et usages de 1918 en Europe médiane

Le 14 juillet 1918 à Paris, 21e régiment de chasseurs tchéco-slovaques
© ECPAD
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A l’occasion du centenaire de la création de la République tchécoslovaque, une soirée-débat aura lieu le 18 octobre à Paris, suivi d'un colloque international les 19 et 20 octobre, organisé par l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Une soirée-débat

Proposée par l’Ambassade de la République tchèque et l’Ambassade de la République slovaque, la soirée-débat aura lieu dans les locaux de l'Assemblée nationale, le 18 octobre 2018. Au cours de ce colloque intervinedront le philosophe slovaque Miroslav Marcelli, l'historien français Antoine Màres, spécialiste de l‘Europe centrale, et le politologue tchèque Miroslav Novák, l’un des fondateurs de la science politique en République tchèque après 1989. La soirée-débat sera animée par Sylvie Kaufmann, chroniqueuse et directrice éditoriale du Monde.

La soirée-débat sera introduite par le Président du Conseil national de la République slovaque Andrej Danko, par le Président de la Chambre des députés de la République tchèque Monsieur Radek Vondráček et par le haut représentant de l’Assemblée nationale de la République française.

Accès sur inscription uniquement avant le 10 octobre.
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Un colloque international

Vendredi 19 et samedi 20 octobre, un colloque est organisé à l'Institut d'études slaves (samedi), et à la Sorbonne (dimanche), sur le thème des mémoires et usages de 1918 en Europe médiane, présidé par Antoine Marès (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Interviendront au cours de ce colloque des spécialistes internationaux de l'histoire de différents pays concernés (France, Allemagne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Serbie, Pologne, Grèce). 

Présentation

La fin de l’année 1918 est un moment essentiel dans l’histoire de l’Europe, non seulement parce qu’elle marque la fin de la guerre ou le début de la sortie de guerre, mais aussi parce qu’elle est placée sous le signe de l’effondrement des empires européens et qu’elle inaugure une réorganisation de l’Europe beaucoup plus durable qu’on ne l’imaginait alors. L’historiographie récente est en train de réapprécier cette période et revient sur l’évaluation de la Conférence de la paix, dans un mouvement qui cherche à dépasser à la fois les discours auto-­‐légitimateurs des nouveaux États « vainqueurs », le statut de nation lésée des puissances vaincues et les thèses simplistes qui défendaient l’idée que la Deuxième Guerre mondiale était la conséquence de cette réorganisation.

Ce colloque n’envisage de revenir sur les circonstances des chutes des empires ou sur les responsabilités des prises de décision de la Conférence de la paix que pour tracer un cadre général de départ. Il voudrait surtout mettre l’accent sur un aspect jusqu’ici négligé qui est celui de la mémoire de cette période, de ses usages et de ses instrumentalisations à travers le siècle passé. Ces différentes dimensions sont étroitement corrélées au sentiment que les nouveaux États ont eu d’être gagnants ou perdants, vainqueurs ou vaincus, favorisés ou maltraités. Elles sont également liées au discours étatique et idéologique du moment. En utilisant les repères des années en 8 : 1928, 1938-­1939, 1948, 1968, 1988­‐89, 2008 puis 2018, il est possible de mesurer ces évolutions.

Dans certains cas, il s’agit de commémorer et d’affirmer comment la naissance de certains États légitime la revendication d’autonomie ou d’indépendance des espaces nationaux : c’est le cas pour le 28 octobre tchécoslovaque ou le 11 novembre polonais. Dans d’autres cas, il s’agit de masquer ces dates ou de les subvertir quand le gouvernement communiste tchécoslovaque travestit la proclamation de l’indépendance en anniversaire de la proclamation des nationalisations de 1945. Ce seront les historiographies et les usages publics des commémorations qui seront interrogés.

L’intérêt d’une telle rencontre sera de confronter les diverses expériences nationales d’Europe centrale (en comparaison avec la mémoire franco­‐allemande), et pas seulement les expériences étatiques : en effet, au sein des États tchécoslovaque ou yougoslave, la mémoire de 1918 a pu diverger selon les moments et les commémorations au sein des États successeurs semblent confirmer ces tensions. En Europe médiane, elles renvoient de plus aux nostalgies impériales (en particulier celle de l’Empire habsbourgeois) qui se sont développées depuis les années 1980. L’approche verticale de la chronologie sera donc complétée par une approche horizontale de l’Europe médiane, prenant en compte les espaces polonais, tchèque, slovaque, hongrois, roumain, slave du Sud et grec.

> Programme et inscriptions (PDF)