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Histoire et mémoire des relations franco-serbes : un héritage de la Première Guerre mondiale

Vue du monument à la France, à Belgrade
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Rédigé par Stanislav Stretenovic, chercheur à l'Institut national d'histoire contemporaine de Belgrade, l'article ci-après est issu du livre Serbie, un autre regard, paru en septembre 2015 chez Le Monde Autrement Editions. Spécialiste de l'histoire des relations franco-serbes et de la Serbie dans la Première Guerre mondiale, Stanislav Stretenovic vient par ailleurs d'écrire un nouveau livre sur les témoignages français pendant la retraite de l'armée serbe en 1915-1916. 

Tout visiteur un tant soit peu curieux et attentif de la ville de Belgrade remarquera le nombre et la beauté des lieux de mémoire franco-serbes qu’elle abrite. Inscrits dans l'histoire complexe et tourmentée de l'Europe, ceux-ci témoignent des liens denses et profonds jadis noués entre les deux peuples. Des Français et des Serbes ont consenti beaucoup d’efforts pour surmonter l'éloignement géographique, la disproportion matérielle et la différence culturelle, autant de facteurs qui auraient pu limiter leurs relations dans l'histoire. Les Serbes d'aujourd'hui sont ainsi un des rares peuples de l'Europe de l'Est à pouvoir se flatter d'un riche héritage, porteur de valeurs françaises à dimension universelle : la liberté, la démocratie, la justice et les droits de l'homme.

L'évolution des relations franco-serbes

L'apogée des relations franco-serbes se situe dans la Grande Guerre et dans les "années folles" de l'entre-deux-guerres (1918-1939). Leur histoire, qui imprégnait alors les hommes politiques, les diplomates, les militaires et les acteurs économiques et culturels des deux parties, ne saurait être négligée. Ces relations s’insèrent dans la longue durée de l'émancipation de la Serbie de l'Empire ottoman au cours du XIXe siècle1. La France en suivit le processus avec bienveillance : elle fonda en 1838-1839 un consulat dans la petite principauté de Serbie, toujours vassale de l'Empire ottoman, observa favorablement le commerce embryonnaire de l'Etat naissant et accueillit dans ses universités et ses écoles les premiers boursiers serbes2.

A la suite du Congrès de Berlin (1878), elle établit des relations diplomatiques avec le royaume de Serbie désormais indépendant et internationalement reconnu, puis participa à la construction de son réseau ferroviaire et à l'organisation de ses finances et, au début du XXe siècle, y développa une influence économique et culturelle.

En 1915, pendant la Première Guerre mondiale, elle envoya plusieurs missions en Serbie, dont une militaire, l’autre sanitaire, qui participèrent à la défense de Belgrade. S’ensuivit la retraite du gouvernement et de l'armée serbes à travers les montagnes enneigées du Monténégro et de l'Albanie : des diplomates, des militaires, des hommes d'affaires, des médecins et des professeurs français l’accompagnèrent3. Se portant au secours de son alliée, la France contribua au transport des civils et des militaires de la côte albanaise sur son propre sol et à Corfou, et participa à la reconstitution de l'armée serbe. Ses écoles et ses universités accueillirent environ 4000 élèves et étudiants serbes qui devaient former la future élite intellectuelle et administrative du pays4.

Sur le front de Salonique, l'armée serbe reconstituée et l'armée française d'Orient combattirent côte à côte et libérèrent la Serbie. La Serbie "martyre" et "vaillante", comme on disait à l'époque, marqua les esprits des Français qui avaient partagé avec elle les horreurs de la guerre. En 1918-1919, la France joua un rôle décisif dans la fondation du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes devenue Yougoslavie en 1929, veilla attentivement sur ses premiers pas et devint son partenaire, son allié et son principal protecteur sur la scène internationale5. C’est alors que les relations franco-serbes furent inscrites dans la pierre, mémorisées dans la culture immatérielle à Belgrade et en Serbie, et symbolisées par des visites régulières d’officiers supérieurs français et de Poilus d'Orient à leurs camarades serbes et par des échanges de décorations.

Dans un contexte où le nouveau royaume des Slaves du Sud peinait à se construire sur le plan intérieur et sur la scène internationale, la mémoire franco-serbe fut soigneusement entretenue par la majorité des Serbes et une partie des Français impliqués dans les affaires du sud-est européen6.

L'inscription des relations franco-serbes dans la pierre

Fin janvier 1921, alors qu'à Paris venait de se terminer la cérémonie de dépôt du corps du soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe, le général Louis Franchet d'Espèrey7, commandant en chef victorieux des armées alliées sur le front de Salonique, fut spécialement missionné par le président de la République pour remettre solennellement la Légion d'Honneur à la ville de Belgrade en reconnaissance de son héroïsme et de sa bravoure pendant la Grande Guerre8. Signe de la fraternité d'armes française et serbe et de la lutte menée en commun, la décoration fut déposée à la mairie de la capitale. Franchet d'Espèrey, bientôt élevé à la dignité de maréchal de France et de voïvode serbe, la plus haute dans l'armée royale, revint régulièrement dans le Royaume, toujours en grande pompe, et devint de ce fait un personnage emblématique et un symbole des relations franco-serbes.

Les soldats français tombés pour la libération de la Serbie pendant la guerre en étaient un autre. Les Serbes leur témoignèrent leur respect lors de l'inauguration du cimetière français de Belgrade en présence du ministre plénipotentiaire dans le Royaume, Frédéric Clément-Simon9. La date retenue, 14 juillet 1923, jour de fête nationale en France, signifiait que celle-ci avait contribué à libérer l’ensemble des Serbes et des Slaves du Sud de "l'oppression" des empires séculaires et à les unifier dans un Etat commun10. En 1930, le cimetière fut agrandi et embelli aux frais de la ville de Belgrade pour être à nouveau inauguré par le ministre plénipotentiaire, Emile Dard11, le 2 novembre 1931, jour de la Fête des morts selon le calendrier grégorien12.

La fraternité d'armes franco-serbe fut en outre gravée dans la pierre d’une plaque commémorative, apposée dans le centre-ville en hommage au commandant Picot, officier de marine français qui s’illustra lors de la défense de la ville en 1915 et devint aide de camp du roi Alexandre. Quant à l'aide médicale française pendant la guerre, elle se perpétua au sein du dispensaire "Goutte de Lait"13, une institution humanitaire et philanthropique d’aide aux nourrissons et aux enfants que gérait en plein Belgrade un médecin des troupes coloniales françaises marié à une infirmière serbe.

Dans un contexte international où beaucoup de contemporains ressentaient un affaiblissement des relations franco-serbes, l'exaltation de la lutte en commun pour le "droit et la liberté" pendant la guerre prit un nouveau souffle le 17 mai 1936, lorsque fut inauguré le buste du maréchal français et voïvode serbe Franchet d'Espèrey, en présence même de l’intéressé14. Ce buste se trouvait non loin de celui d’Alphonse de Lamartine, érigé en novembre 193315 par la Société des amis de la France pour commémorer l’écrivain et le diplomate français qui, cent ans auparavant, avait parcouru les terres sud-slaves et laissé dans son Voyage en Orient16 un témoignage positif sur les Serbes en lutte pour leur indépendance.

C’est encore sous le patronage de Franchet d’Espèrey qu’en 1939, commença la construction à Belgrade d’une église dédiée aux plusieurs dizaines de milliers de soldats français tombés sur le Front de Salonique17. Elle ne fut cependant pas réalisée selon les plans initiaux et le mémorial ne vit jamais le jour. Il en reste un édifice connu des Belgradois sous le nom d’"église française".

C’est surtout après une crise intérieure grave, qui menaça l'unité du pays, que les Serbes voulurent montrer symboliquement que la France ne les avait pas abandonnés. En janvier 1929, le Conseil municipal de Belgrade, qui avait déjà donné le nom de Raymond Poincaré encore en vie à une grande artère de la ville, décida de baptiser d’autres rues en référence à la France : rue de France, rue Briand, rue Clemenceau et rue du maréchal Franchet d'Espèrey18.

L'année suivante, la Société des anciens élèves des écoles françaises et la Société des amis de la France, soutenues par la municipalité de Belgrade, érigèrent un monument de reconnaissance à la France19 dans le jardin de la forteresse de Kalemegdan qui faisait fonction, depuis le XIXe siècle, de panthéon serbe à ciel ouvert. Inauguré symboliquement le 11 novembre 1930, pour le douzième anniversaire de l'armistice de Retondes qui avait mis fin à la Grande Guerre et le troisième de la signature du traité d'amitié franco-yougoslave, le monument représentait la France alliée et protectrice du nouvel Etat sous les traits d’une Marianne héroïque. Des bas-reliefs évoquaient non seulement la fraternité d'armes mais aussi l'aide de la France au sauvetage de la jeunesse serbe pendant la Première Guerre mondiale. Ils témoignaient ainsi de relations universitaires et scolaires qui s’étaient poursuivies dans l'entre-deux-guerres ainsi qu'au sein de l'école française Saint-Joseph à Belgrade20. Celle-ci a aujourd’hui disparu mais sur les deux bâtiments qui l’abritaient, l’un pour les filles, l’autre pour les garçons, des plaques en rappellent encore l’existence.

A proximité du monument à la France, sur un bel emplacement qui surplombait la confluence de la Save et du Danube -l’une des plus belles vues d’Europe aux yeux de certains Français-, fut inaugurée solennellement, le 21 décembre 1935, la nouvelle légation de France21. De pur style Art déco, elle était l’œuvre de l’architecte français Henri-Roger Expert, avec des sculptures de Carlo Sarrabezolles. La façade contribue à la richesse symbolique et historique du quartier en alignant les trois figures féminines de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, des personnages et des scènes de l'histoire de la France -Vercingétorix, Sainte Jeanne d'Arc, Louis XIV-, Marianne, ainsi que les vertus et les richesses de la France. Ce décor sculpté représente l'Etat-Nation démocratique et prospère, une idée que la France entendait incarner auprès d'une monarchie sud-slave peinant à se constituer. Dans la période de l'entre-deux-guerres, dans la rue principale de Belgrade, furent construits les bâtiments de la Banque franco-serbe et de l'assurances Union symbolisant la présence économique et financière française en Serbie d'avant la Grande Guerre.

Dans cette période, en dehors de Belgrade, un cimetière français fut construit à Zaječar et un monument érigé à Negotin, deux villes de Serbie de l’Est qui avaient été libérées par les troupes franco-serbes. Inauguré le 12 octobre 1930, le monument était dédié au roi Pierre Ier, au général Juniot-Gambetta, libérateur de Negotin en 1918, et aux soldats serbes et français22.

En France aussi, l’on entretint la mémoire de la fraternité d’armes avec la Serbie pendant la Première Guerre mondiale : une avenue du 16e arrondissement de Paris porte le nom du roi Pierre Ier de Serbie et, en dehors de la capitale, plusieurs villes possèdent des rues ou des places Alexandre Ier Karageorgévitch ; à Thiais, à côté de Paris, existe un cimetière militaire serbe23 ; en 1936, fut inauguré à Paris, dans le 16e arrondissement, un monument aux rois Pierre Ier le "libérateur" et Alexandre Ier l’"unificateur" ; un autre, dédié à Alexandre Ier et à Louis Barthou, fut construit deux ans plus tard, en 1938, dans le 6e arrondissement de Marseille, pas loin du lieu même où ils avaient été assassinés en 193424.

Une certaine lecture du passé

En 1940, dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale, les membres de la Société des amis de la France publièrent un livre intitulé Књига о Француској25. C’était un recueil de textes publiés en serbe depuis les années 1920 et consacrés aux rapports entre la Serbie et la France à travers l'histoire. Les francophiles et les francophones serbes voulaient ainsi, par un geste symbolique, encourager la France au moment où elle résistait difficilement à l'attaque allemande. Quelle lecture du passé franco-serbe donnaient-ils ? Dans ce livre, les relations entre les deux peuples paraissent bien enracinées dans l'histoire lointaine. Elles remontent au Moyen-âge et sont empreintes d'une grande sympathie.

Au XIe siècle, en effet, lors de la première Croisade (1096-1099), les croisés traversèrent la Serbie et leur chef, le comte Raymond de Toulouse, rendit une visite d'amitié au roi Bodin (1081-1099). Les chroniqueurs français de l'époque notent que, durant cette rencontre, les deux hommes montrèrent une sincère fraternité. Au siècle suivant (XIIe), les croisés, sous la conduite de Louis VII (1137-1180), traversèrent de nouveau la Serbie et, comme auparavant, furent partout accueillis en amis. Au XIIIe siècle, une princesse française, Hélène d'Anjou, épousa le roi Ouroch I (1243-1276), de la dynastie médiévale serbe des Némanides (Nemanjići). Cette reine fut aimée à cause de sa bienfaisance et de sa grande piété dont témoigne le chroniqueur serbe de l'époque, l'archevêque Danilo. C’est l'unique biographie de la littérature serbe du Moyen-âge qui ait été consacrée à une femme.

Au XIVe siècle, le frère du roi Philippe IV, Charles de Valois, conclut une alliance avec le roi serbe Miloutine Némanide (1282-1321) et tous deux ébauchèrent de grands projets relatifs aux Balkans et à l'empire byzantin. Sous le règne de Douchan le Puissant (roi 1331-1345, empereur 1346-1355), ce fut un Français, l'évêque Pierre Thomas, qui servit d’intermédiaire entre la cour serbe et le pape, alors à Avignon. Au XVe siècle, la Serbie du despote Georges (1427-1456) fut décrite avec sympathie par le voyageur français Bertrandon de la Broquière, peu avant qu’elle ne tombe entièrement sous la domination turque. Abandonnées pendant plusieurs siècles, les relations franco-serbes furent renouées au début du XIXe siècle.

En 1809, Karageorges, le chef de la Première insurrection serbe (1804) contre le pouvoir ottoman envoya à Napoléon Ier un émissaire, porteur d’une lettre qui sollicitait la protection de la France. La même année, avec des régions détachées de l'Autriche, l’Empereur des Français créa les Provinces Illyriennes dans lesquelles habitaient des Serbes et d’autres Slaves du Sud. Leur existence fut éphémère, mais elles contribuèrent à répandre parmi les Serbes les idées de la Révolution française et à renforcer leur penchant pour l'émancipation et la liberté.

Au temps de Napoléon III, l'influence française augmenta dans la jeune principauté de Serbie. C’est un officier français, Hyppolite Florentin Mondain26, qui fut nommé ministre de la guerre (1862-1865) par le Prince Michel Obrénovitch et qui réorganisa l'armée serbe. Lors de la guerre de 1870-1871, le roi Pierre Karageorgévitch, encore jeune prince et élève de l'école militaire de Saint-Cyr, combattit vaillamment dans les rangs de l'armée française, fut blessé et arrêté par l'ennemi et, après s’être évadé, décoré de la Légation d'Honneur.

Après la Deuxième Guerre mondiale, l'histoire et la mémoire franco-serbe furent oubliées dans la Yougoslavie communiste27. Elle ne ré-émergèrent que tardivement et modestement, entretenues par un groupe d’anciens combattants des deux guerres mondiales proches du régime. En témoignent une plaque et une rue du centre de Belgrade dédiées à l'amiral Emile Guépratte, commandant de la division de la marine française qui transporta l'armée et les civils serbes à Bizerte et au Front de Salonique lors de la Grande Guerre. En témoignent en outre des plaques métalliques à l’effigie d’officiers du haut commandement français de l’Armée d’Orient : elles sont posées sur les pierres d'un ancien poste d'observation du front de Salonique, jadis démonté puis transporté et reconstruit au cœur de Belgrade, devant le Parlement.

Après les changements politiques de l'an 2000 en Serbie, la mémoire franco-serbe renaît. Elle s’inscrit cette fois dans le nouveau contexte du processus d’intégration de la Serbie à l'Union Européenne. Un buste de Louis Barthou, mort tragiquement aux côtés du roi Alexandre Ier dans l'attentat de Marseille, a été récemment installé dans le jardin de l'ambassade de France à Belgrade.

A l'occasion du 11 novembre ou du 14 juillet, des représentants de l'ambassade de France, du gouvernement serbe et de la ville de Belgrade, ainsi que différentes associations de citoyens déposent sans pompe des gerbes au cimetière français ou au pied du monument à la France, en célébrant les valeurs universelles de paix, de démocratie et de prospérité.

 

1 Dušan Bataković, Les sources françaises de la démocratie serbe, 1804-1914, Paris, CNRS, 2013, 577 p.
2 Љубинка Трговчевић, Планирана елита, Београд, Службени гласник, 2003, 316 с. ; Александра Колаковић, У служби отаџбине, Београд, 2016, 461 с.
3 Станислав Сретеновић (уредник и приређивач)/Stanislav Sretenović (édité et établi par), Са српском владом и војском од Ниша до Крфа, 1915/16: Француска сведочанства/Avec le gouvernement et l'armée serbe de Nich à Corfou, 1915/16, Нови Сад-Београд, Прометеј-ИСИ-РТС, 2016, 329 с.
4 Ljubinka Trgovcevic, "Paris comme centre culturel de l’émigration serbe pendant la Première Guerre mondiale", Југословенско-француски односи/Rapports franco-yougoslaves, Историјски институт/Institut d’histoire, Recueil des travaux, livre 10, Belgrade, 1990, p. 198-214.
5 Stanislav Sretenović, Francuska i Kraljevina Srba, Hrvata i Slovenaca, Beograd, ISI, 2008, 511 str.
6 Stanislav Sretenović, "Le Quai d'Orsay face aux groupes français du soutien aux Serbes dans l'entre-deux-guerres", Јелена Новаковић, Љубодраг П. Ристић (ур.), Срби о Французима- Французи о Србима, Београд, Филолошки факултет, 2015, с. 175-186.
7 Paul Azan, Franchet d'Esperey, Paris, Flammarion, 1949, 309 p.
8 "Част Београду", Политика, 30. јануар 1921, с. 1-2 ; "Одликовање Београда", Политика, 31. јануар 1921, с. 1-2 ; "Ђенерал Д'Eпере у Београду", Политика, 1. фебруар 1921, с. 1-2.
9 Né en 1873 à Naves, fils d’un procureur impérial révoqué, puis réintégré par la IIIème République, Frédéric Clément- Simon étudia à l’Ecole des sciences politiques puis entra dans la carrière consulaire en 1896. Dans les milieux diplomatiques, il était considéré comme bon connaisseur du monde balkanique et d’Europe centrale. En 1905/06, il fut consul, puis secrétaire d’ambassade à Constantinople où il resta plusieurs années. En 1913/14 en Serbie, il fut ministre plénipotentiaire par intérim. En 1918, il fut secrétaire à Copenhague, puis attaché commercial en Russie. De 1919 et jusqu’à son arrivée à Belgrade il fut ministre à Prague en Tchécoslovaquie nouvelle. (Annuaire diplomatique et consulaire de la République française, Paris, 1926, p. 216). Erudit comme son père, il publia des travaux en histoire diplomatique touchant les relations entre la France, l’Empire ottoman et la Russie: F. Clément- Simon, Jean de Selve, premier président et ambassadeur sous Louis XII et François Ier, Paris, 1901 ; Le premier ambassadeur de la République française à Constantinople, le général Aubert du Bayet, Paris, 1904 ; Un ambassadeur extraordinaire russe à Constantinople à l’époque de Catherine II et de Sélim III : le général Kutsof , Paris, 1907 ; La Révolution et le Grand Turc (1792-1796), Paris, 1907.
10 "Београд за Французе", Политика, 13. јул 1923, с. 5. ; Ст. Станојевић, "Слава вам и хвала!", Политика, 14. јул 1923, насловна страна.
11 Emile Dard (1871, Lorient- 1947), dont le père était général, étudia à la Faculté de droit et à l’Ecole libre des sciences politiques. Il se consacra à l’histoire sous la direction d’Albert Sorel. Il entra en diplomatie en 1895 et fut collaborateur de J. Laroche, résident général à Madagascar. Il fut attaché à la légation de La Haye, puis à l’ambassade de France près du Saint-Siège. Il entra dans les cabinets de Delcassé, de Rouvier et de Léon Bourgeois. En 1908, il fut secrétaire d’ambassade à Tokyo, puis, fut en mission en Indochine et en Corée. En 1911-1912, il fut dans les Balkans comme chargé d’affaires d’abord à Belgrade (1911), puis à Sofia (1912). Pendant la guerre, il fut secrétaire à Copenhague (1915-1918), puis conseiller de l’ambassade à Madrid (1918-1920). Il fut ministre à Munich (1920-1924), et retourna dans les Balkans à Sofia (1924-1927) et à Belgrade (1927-1932). (Annuaire diplomatique et consulaire de la République française, Paris, 1931, p. 250) Retraité en 1932, il devint le représentant du Prince de Monaco auprès du pape. Il fut élu à l’Académie des sciences morales et politiques. Président de la Société d’histoire de la France et directeur de la Revue d’histoire diplomatique. En 1946, il fut appelé à la présidence de la commission des Archives diplomatiques. Il publiait dans le Journal des Débats et la Revue hebdomadaire. Il fut l’auteur de plusieurs ouvrages historiques : Un acteur caché du drame révolutionnaire. Le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803, Paris, Perrin, 1905 ; Un épicurien sous la Terreur, Hérault de Séchelles (1759-1794), Paris, Perrin, 1907 ; Napoléon et Talleyrand, Paris, Plon, 1935 ; Dans l’entourage de l’Empereur, Paris, Plon, 1940 ; Un confident de l’Empereur, le comte de Narbonne, 1755-1813, Paris, Plon, 1943 ; La chute de la royauté, Paris, Flammarion, 1949.
12 "Помен француским изгинулим војницима и предаја гробља француском посланику г. Дару од стране Општине београдске", Београдске општинске новине, 21-22, год. XLIX, 11 новембар 1931, с. 1429-1432 ; "Помен на француском војничком гробљу изгинулим ратницима", Политика, 3 новембар 1931, с. 5.
13 Dispensaire français de Belgrade "Goutte de lait", Beograd, 1933, brochure ; Dispensaire français de Belgrade "Goutte de lait", Beograd, 1939, brochure.
14 Архив Југославије (АЈ), фонд 74, фасцикла 242, Владимир Маринковић Његовом Величанству Краљу Петру II, Београд, 12. мај 1936 ; "'У мутним временима која преживљује Европа, Француска и Југославија остају уједињене', рекао је маршал Франше д'Епере", Политика, 18. мај 1936, с. 3 ; "Inauguration du buste de maréchal Franchet d'Espèrey à Belgrade, Illustration, Paris, 1936, p. 196.
15 Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAE), La Courneuve, série Z-Europe 1930-1940, sous-série Yougoslavie 192, Paul-Emile Naggiar à Paul Boncour, Belgrade, le 2 décembre 1933, copie.
16 Alphonse de Lamartine, Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient (1832-1833) ou notes d'un voyageur, I-IV, Paris, Libraire de Charles Gosselin, 1835.
17 Историјски архив Београда (ИАБ), Општина града Београда (ОГБ), Техничка дирекција (ТД), IV- 43-1925, Француска спомен-црква Солунском фронту, изгледи фасаде из Хаџи-Милентијеве и Краљевића Томислава, Б. Маринковић, 1939, нацрт.
18 AMAE, Z-Europe 1918-1940, Yougoslavie 124, Emile Dard à Aristide Briand, Belgrade, le 18 janvier 1929.
19 Sretenović Stanislav, "Le monument à la France à Belgrade. La mémoire de la Grande Guerre au service de l'action politique et diplomatique", Vingtième siècle. Revue d'histoire, 115, juillet-septembre 2012, p. 31-4
20 "Освећење споменика заштитнику школе, Светом Јосифу", Време, 10. октобар 1928, с. 4. ; "Свечано откривање нове француске школе", Политика, 10. октобар 1928, с. 7.
21 Bréon Emmanuel, Sretenović Stanislav, Ambassade de France à Belgrade/Амбасада Француске у Београду, Paris, Editions internationales du patrimoine, 2013, 244 p.
22 Ђорђе Антић, "Неготин Краљу Петру, генералу Гамбети и нашим и француским војницима", Политика, 13. октобар 1930, с. 5.
23 Данило Шаренац, Топ, војник и сећање, Београд, ИСИ, 2014, с. 196-204.
24 Archives départementales, Marseille, 9 O 643, "Erection du Monument à la mémoire du Roi de Yougoslavie et de Louis Barthou", Préfecture des Bouches-du-Rhone, Note pour Monsieur le préfet, Marseille, s.d., 3 p.
25 Књига о Француској, Београд, Друштво пријатеља Француске, 1940, 284 с. Видети такође : Светислав Петровић, У славу Француске, Београд, Државна штампарија, 1930, 19 с., брошура ; Гргур Јакшић, Француска и Југославија у прошлости, Београд, Друштво пријатеља Француске, 1938, 25 с., сепарат.
26 Uroš Tatić, "Le plus serbe des Français. Hippolyte Mondain, officier du génie et premier ministre de la Guerre de Serbie", Revue historique des armées, 280, 2015, p. 15-33. 
27 Stanislav Sretenović, "Ruptures et continuités de la mémoire serbe de la Grande Guerre, 1945-2014", Matériaux pour l'histoire de notre temps, 113-114, 2014, p. 84- 91.